2021
photographies de sculpture mise en scène
Dans cette série photographique, Garance Lemarié propose une relecture contemporaine d’Ophélia, dont la silhouette traverse l’imaginaire occidental depuis Shakespeare jusqu’aux visions préraphaélites de John Everett Millais. Non plus un corps peint, mais une sculpture articulée, offerte au paysage comme un fragment dérivant, la figure flotte dans l’eau sombre, entourée de feuillages, suspendue entre grâce et inquiétude.
La nudité ici n’a rien d’érotique : elle est dépouillement, vulnérabilité absolue, corps sans défense, corps exposé. Les articulations visibles, la matérialité du mannequin, introduisent une tension troublante : le mythe se désenchante tout en se renouvelant. La beauté picturale du motif — cheveux déployés, visage offert, immersion végétale — se heurte à la dimension fragmentée, presque mécanique, de la figure.
Entre théâtre, photographie et installation, Garance Lemarié interroge la fabrication des images féminines, leur persistance, mais aussi leur vulnérabilité. Ophélia devient un dispositif : un corps construit, exposé, flottant à la frontière du vivant, de la mort, et de l’objet.